Pourquoi créer est un métier

En France, nous sommes 11 000 Ecrivain·es, illustrateur·rices et traducteur·rices de littérature jeunesse. Notre travail crée de la valeur (351,2 M€ en 2019) et sur son succès reposent des dizaines de milliers d’emplois (édition, librairie etc). Nous possédons un savoir-faire indéniable et celui-ci a de la valeur.

Or, aujourd’hui, le droit français se focalise davantage sur l’exploitation des œuvres que sur les individus qui en sont à l’origine. Pourtant, l’acte de création mobilise des corps, des individus bien vivants qui devraient pouvoir accéder aux mêmes droits que n’importe quels autres travailleurs ou travailleuses.

Voilà pourquoi nous revendiquons d’être considéré·es comme des professionnel·les.

Créer est notre métier.

L’ensemble des 270 000 artistes-auteurs et autrices de France rencontre les mêmes problématiques que les auteur·ices jeunesse car nous avons en commun avec les photographes, plasticien·nes, scénaristes, compositeur·trices, chorégraphe… d’être tous·tes uni.es par un même régime social et d’être des créateurs et créatrices d’œuvres originales.

Que demandons-nous ?

Une définition claire de notre statut professionnel

Nous voulons une harmonisation, une clarification et une simplification des textes nous concernant – codes de la Sécurité sociale, des impôts et de la propriété intellectuelle – pour que la définition de notre statut se fonde sur les pratiques créatives et non uniquement sur le critère de cession de droits d’auteur à un tiers. Un statut professionnel clair nous permettrait d’être mieux identifiés par les administrations, et de pouvoir enfin bénéficier normalement des prestations sociales élémentaires pour lesquelles nous cotisons.

La reconnaissance et la rémunération du travail créatif

Alors que l’économie de la commande est majoritaire dans nos secteurs, le travail et le temps de création consenti par les artistes-auteurs et autrices – partie faible du contrat – n’est presque jamais encadré ou rémunéré en amont de l’exploitation des œuvres. Nous soutenons la proposition de mise en place d’un contrat de commande énoncée par le rapport Racine qui viendrait s’ajouter au contrat de cession de droit.

Une vraie représentativité et la tenue d’élections professionnelles

Nous souhaitons pouvoir siéger dans les instances où sont prises des décisions ayant un impact concret sur nos vies, en premier lieu, notre organisme de sécurité sociale. Pour cela, nous demandons à pouvoir élire démocratiquement nos représentants, comme la grande majorité des travailleurs et travailleuses français.es. Par ailleurs, la mise en œuvre d’une représentativité conforme aux principes fondamentaux de la République nous permettra d’être à la manœuvre pour négocier des accords collectifs engageants avec les exploitants de nos œuvres afin d’obtenir de meilleures conditions de travail et une meilleure répartition de la valeur dans la chaîne du livre.

La création d’un opérateur public dédié

Nous appelons de nos vœux la création d’un Centre national des artistes-auteur·ices, instance transversale capable de gérer l’ensemble du secteur de la création. Cet établissement public à caractère administratif, placé sous la tutelle du ministère de la Culture, serait à la fois la fois instance de négociation collective, observatoire de nos professions et centre de ressources

Une politique volontariste en faveur de l’égalité et de la diversité

En 2019 les différences de rémunération constatées entre auteurs et autrices demeurent de 26% pour l’AGESSA et de 22% pour la MDA. Rien ne justifie cet écart ! Après les États Généraux de l’Égalité en littérature jeunesse, la Charte poursuit son travail d’analyse dans le cadre du groupe de travail « Diversité ». Nous demandons à ce que des mesures ambitieuses soient prises pour que cessent les discriminations de toutes sortes qui entravent l’accès à nos métiers et engendrent des traitements inéquitables. Cela passera notamment par l’observation des inégalités, la pose de diagnostics, et la négociation de textes contraignants.
De même, la mise en évidence de cas de harcèlement sexiste et sexuel dans le secteur de l’édition appelle une réponse urgente des pouvoirs publics.

 

Pour aller plus loin :

Le rapport « Racine » est disponible ici : https://www.culture.gouv.fr/Espace-documentation/Rapports/L-auteur-et-l-acte-de-creation

Sur le statut des artistes-auteurs et autrices :

Sur la représentativité :

Sur le contrat de commande :

Sur le Centre national des artistes-auteur·ices :

Sur l’égalité en littérature jeunesse
https://www.la-charte.fr/actualites/retours-sur-les-etats-generaux-de-legalite-en-litterature-jeunesse/


#créerestunmétier : la suite

La campagne de communication #créerestunmétier a été un véritable succès. Vous avez été nombreux et nombreuses à suivre la démarche en postant vos montages et en écrivant des textes qui témoignent tous de l’importance pour un créateur ou une créatrice d’être considéré·e comme un·e professionnel·le.

Rappel des objectifs

La Charte a souhaité mobiliser les artistes-auteur·rices autour de l’idée suivante : en tant que créateurs et créatrices d’oeuvres vous devez être reconnu·es comme des professionnel·les.
Derrière le terme d’artiste-auteur·rice, il y a des femmes et des hommes qui ont un métier, un savoir-faire et une trajectoire professionnelle. Vous êtes ces femmes et ces hommes et vous n’êtes pas une abstraction. Nous avons voulu que votre visage et votre identité inondent les réseaux sociaux.
Pour cela nous vous avons proposé de poster sur les réseaux sociaux vos portraits en les associant au hashtag #créerestunmétier

Quelques chiffres

Vous avez été plus de 250 chartistes à nous envoyer vos portraits. Sur Instagram, le hashtag a été utilisé plus de 400 fois. De nombreux·ses artistes-auteurs et artistes-autrices issu·es d’autres organisations professionnelles comme la Ligue des auteurs professionnels, l’Usopave qui regroupe le Caap, l’Unpi, le Self et le SNP ont participé à cette campagne. La Charte tient à les remercier pour cet élan solidaire qui révèle bien notre travail commun depuis quelques années maintenant.
Les réseaux sociaux ont bien été inondés. L’objectif est atteint. Alors un grand merci à vous pour cette magnifique solidarité.

La suite de la campagne #créerestunmétier

Cet élan collectif n’est qu’un début. Le hashatg #créerestunmétier est né et il a permis à chacun et à chacune de porter le même message : créer est un métier et il doit être considéré comme tel.
Vous avez plusieurs possibilités pour poursuivre cette action.

  • Utiliser autant que possible le hashtag dans vos publications qui parlent de vos projets professionnels sur les réseaux.
    Rédiger une tribune pour expliquer que créer est un métier en nous envoyant vos textes. Ils seront publiés sur nos réseaux mais aussi sur notre site internet.
  • Utiliser votre montage comme photo de profil.
  • Intégrer la bannière que la Charte a créée sur les profils de vos réseaux. L’image est à télécharger en cliquant sur l’image ou ici.

La Charte lance une action militante : #créerestunmétier

Nous avons besoin de votre soutien.

Depuis quelques temps maintenant, la Charte se bat aux côtés d’autres organisations professionnelles pour défendre le rapport Racine, dont la publication a généré un espoir sans précédent parmi les artistes-auteurs et autrices. Les 23 propositions de bon sens énoncées par ce rapport ont ouvert les possibles, laissant entrevoir – enfin – un avenir plus serein et des conditions de travail dignes pour les professionnel·les de la création.
Plus d’un an après, la déception est cuisante. Une à une, les préconisations centrales ont été enterrées. De par leur manque d’ambition, les mesures gouvernementales récemment annoncées par le ministère de la Culture viennent de donner le coup de grâce à nos espérances. Rien ne change :

  • Les artistes-auteurs et autrices ne bénéficient toujours pas d’un statut professionnel clair.
  • La mise en place d’une vraie représentativité professionnelle n’est toujours pas à l’ordre du jour.
  • Le contrat de commande, permettant de reconnaître le travail en amont de l’exploitation des œuvres, a été enterré par un rapport du Conseil supérieur de la propriété littéraire et artistique ;
  • La transition avec l’Urssaf demeure lourde et compliquée, notamment en raison de la mauvaise identification des artistes-auteurs et autrices par les pouvoirs publics.
  • L’accès aux droits sociaux pour lesquels ils et elles cotisent est toujours un parcours du combattant…

La liste pourrait continuer indéfiniment.

C’est pourquoi la Charte veut vous permettre de faire entendre votre voix. Nous vous proposons de vous associer à la campagne de communication militante que nous lancerons le 5 mai.

Quels objectifs ?

La Charte souhaite mobiliser les artistes-auteur·rices autour de l’idée suivante : en tant que créateurs et créatrices d’oeuvres vous devez être reconnu·es comme des professionnel·les.
Derrière le terme d’artiste-auteur·rice, il y a des femmes et des hommes qui ont un métier, un savoir-faire et une trajectoire professionnelle. Vous êtes ces femmes et ces hommes et vous n’êtes pas une abstraction. Nous voulons que votre visage et votre identité inonde les réseaux sociaux. Nous voulons aussi vous donner l’occasion de vous affirmer comme les professionnel·les que vous êtes.

Pour cela nous vous proposons de poster sur les réseaux sociaux vos portraits en les associant au hashtag #créerestunmétier

Pour en savoir plus cliquez ici.