Actualisé le 4/05/21

Créer est un métier !

En France, nous sommes 11 000 Ecrivain·es, illustrateur·rices et traducteur·rices de littérature jeunesse. Notre travail crée de la valeur (351,2 M€ en 2019) et sur son succès reposent des dizaines de milliers d’emplois (édition, librairie etc). Nous possédons un savoir-faire indéniable et celui-ci a de la valeur.

Or, aujourd’hui, le droit français se focalise davantage sur l’exploitation des œuvres que sur les individus qui en sont à l’origine. Pourtant, l’acte de création mobilise des corps, des individus bien vivants qui devraient pouvoir accéder aux mêmes droits que n’importe quels autres travailleurs ou travailleuses.

Voilà pourquoi nous revendiquons d’être considéré·es comme des professionnel·les.

Créer est notre métier.

L’ensemble des 270 000 artistes-auteurs et autrices de France rencontre les mêmes problématiques que les auteur·ices jeunesse car nous avons en commun avec les photographes, plasticien·nes, scénaristes, compositeur·trices, chorégraphe… d’être tous·tes uni.es par un même régime social et d’être des créateurs et créatrices d’œuvres originales.

Que demandons-nous ?

Une définition claire de notre statut professionnel

Nous voulons une harmonisation, une clarification et une simplification des textes nous concernant – codes de la Sécurité sociale, des impôts et de la propriété intellectuelle – pour que la définition de notre statut se fonde sur les pratiques créatives et non uniquement sur le critère de cession de droits d’auteur à un tiers. Un statut professionnel clair nous permettrait d’être mieux identifiés par les administrations, et de pouvoir enfin bénéficier normalement des prestations sociales élémentaires pour lesquelles nous cotisons.

 

La reconnaissance et la rémunération du travail créatif

Alors que l’économie de la commande est majoritaire dans nos secteurs, le travail et le temps de création consenti par les artistes-auteurs et autrices – partie faible du contrat – n’est presque jamais encadré ou rémunéré en amont de l’exploitation des œuvres. Nous soutenons la proposition de mise en place d’un contrat de commande énoncée par le rapport Racine qui viendrait s’ajouter au contrat de cession de droit.

Une vraie représentativité et la tenue d’élections professionnelles

Nous souhaitons pouvoir siéger dans les instances où sont prises des décisions ayant un impact concret sur nos vies, en premier lieu, notre organisme de sécurité sociale. Pour cela, nous demandons à pouvoir élire démocratiquement nos représentants, comme la grande majorité des travailleurs et travailleuses français.es. Par ailleurs, la mise en œuvre d’une représentativité conforme aux principes fondamentaux de la République nous permettra d’être à la manœuvre pour négocier des accords collectifs engageants avec les exploitants de nos œuvres afin d’obtenir de meilleures conditions de travail et une meilleure répartition de la valeur dans la chaîne du livre.

La création d’un opérateur public dédié

Nous appelons de nos vœux la création d’un Centre national des artistes-auteur·ices, instance transversale capable de gérer l’ensemble du secteur de la création. Cet établissement public à caractère administratif, placé sous la tutelle du ministère de la Culture, serait à la fois la fois instance de négociation collective, observatoire de nos professions et centre de ressources

Une politique volontariste en faveur de l’égalité et de la diversité

En 2019 les différences de rémunération constatées entre auteurs et autrices demeurent de 26% pour l’AGESSA et de 22% pour la MDA. Rien ne justifie cet écart ! Après les États Généraux de l’Égalité en littérature jeunesse, la Charte poursuit son travail d’analyse dans le cadre du groupe de travail « Diversité ». Nous demandons à ce que des mesures ambitieuses soient prises pour que cessent les discriminations de toutes sortes qui entravent l’accès à nos métiers et engendrent des traitements inéquitables. Cela passera notamment par l’observation des inégalités, la pose de diagnostics, et la négociation de textes contraignants.
De même, la mise en évidence de cas de harcèlement sexiste et sexuel dans le secteur de l’édition appelle une réponse urgente des pouvoirs publics.

 

Pour aller plus loin :

Le rapport « Racine » est disponible ici : https://www.culture.gouv.fr/Espace-documentation/Rapports/L-auteur-et-l-acte-de-creation

Sur le statut des artistes-auteurs et autrices :

Sur la représentativité :

Sur le contrat de commande :

Sur le Centre national des artistes-auteur·ices :

Sur l’égalité en littérature jeunesse
https://www.la-charte.fr/actualites/retours-sur-les-etats-generaux-de-legalite-en-litterature-jeunesse/

 

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