Action militantes

La Charte et la Ligue des auteur·ices professionnels apportent leur soutien au Centre national du livre et à ses équipes

Actualisé le 7/10/2026

La Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, représentant 1 600 autrices et auteurs de littérature jeunesse, et la Ligue des auteur·ices professionnels, représentant près de 3 000 auteur·ices, souhaitent apporter leur soutien au Centre national du livre et à ses équipes, alors que son rôle est aujourd’hui remis en cause.

Le CNL est un acteur essentiel de terrain. Il soutient les maillons de la chaîne du livre, accompagne la création, l’édition, les librairies, les manifestations et la médiation, et s’appuie sur des commissions d’expert·es qui s’engagent à un dialogue direct avec les professionnel·les du secteur.

Fragiliser le CNL, c’est fragiliser un équilibre déjà précaire.

Cette situation doit aussi être replacée dans une histoire plus longue. Jusqu’à la fin de 2018, le CNL bénéficiait de taxes qui lui étaient directement affectées, notamment sur l’édition et sur les appareils de reproduction et d’impression. Ces taxes ont été supprimées par la loi de finances 2019 et remplacées par une dotation budgétaire de l’État. À cette époque, la Charte avait formulé ses inquiétudes à ce sujet, sans être écoutée.

Ce basculement a rendu le CNL davantage dépendant des arbitrages budgétaires annuels. Aujourd’hui, alors qu’il est proposé de transférer ses missions à l’administration centrale, il est légitime de rappeler qu’on a d’abord supprimé l’autonomie de son financement avant de remettre en cause l’autonomie même de l’établissement.

Cette évolution engage la responsabilité de toute la filière. Défendre le CNL ne signifie pas seulement défendre son existence. Comme le CNC dans le cinéma et l’audiovisuel, le CNL doit aussi être un acteur capable de favoriser les bonnes pratiques dans l’ensemble de la filière.

Les autrices et auteurs ne peuvent être les seuls à défendre les outils qui garantissent la diversité de la création et l’équilibre du secteur. Les maisons d’édition, leurs syndicats et notamment le Syndicat national de l’édition doivent aussi prendre position clairement en faveur du maintien du CNL et participer à une réflexion sur la pérennité de son financement et son rôle dans l’impulsion de pratiques plus vertueuses.

La question est de savoir comment garantir durablement une politique publique du livre, dotée de moyens stables, d’une expertise reconnue et d’une capacité d’action indépendante des aléas budgétaires. Évincer un acteur central de cette politique n’est pas « remédier à la fragmentation de l’action publique », c’est prendre le risque d’affaiblir encore la création, sa diffusion et l’accès à la lecture.

La Charte et la Ligue appellent donc au maintien d’un Centre national du livre capable d’impulser des pratiques professionnelles vertueuses, doté de ressources pérennes, et à l’ouverture d’un débat collectif sur le financement durable de la politique du livre.

Illustration de Marc Lizano

             

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