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Un Voyage à Bologne
Ce dispositif de professionnalisation s'adresse aux illustrateur-ices émergent·es. Créé par la Charte en 2012, ce parcours permet à 10-12 lauréat·es de participer à la Foire du Livre de Bologne, premier salon mondial de l'édition jeunesse.
Mots clés : PROFESSIONALISATION – ILLUSTRATION – JEUNES ILLUSTRATEUR·ICES – CRÉATION – FOIRE DU LIVRE- BOLOGNE
OBJECTIFS
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Ce parcours de professionnalisation, destiné aux apprenant·es illustrateur-ices émergent-es, agit comme un accélérateur de carrière pour apprendre à développer un réseau à l’international, mettre en valeur son travail, susciter l’intérêt et initier des contrats.
PUBLIC ciblé
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Les illustrateur·ices ayant publié au moins un ouvrage à compte d’éditeur et pas plus de 10, sans critères d’âge ni de catégorie, résidant en France métropolitaine ou dans les départements et territoires d’Outre-mer.
Le JURY
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Il est composé au minimum de trois professionnel-lles du livre jeunesse, de quatre illustrateur-ices confirmé-es de la Charte, et des six représentant-es des Agences Régionales du Livre partenaires, qui sélectionnent les douze dossiers gagnants.
Quels ATOUTS pour les lauréat·es ?
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- Une formation de deux jours au contact de directeurs artistiques ainsi qu’un travail continu avec son parrain ou marraine, illustrateur-icesconfirmé-es. Au programme : présentation de la Foire de Bologne, particularités éditoriales des différents pays, constitution du book et conseilspour optimiser la prise de contact avec les professionnel·les, ainsi que les échanges avec des directeur·rices artistiques.
- Au printemps, lors du déroulement de la Foire, les 12 auteur·rices-illustrateur·ricessélectionné·es sont encadré·es par leur parrain ou marraine. Leurs expériences et réseaux professionnels qu’ils partagent sont un atout important. Des rendez-vous sont programmésavec des éditeurs étrangers (pour certains francophones) qui auront accepté de prendre part au projet.
- La parution d’un catalogue en version bilingue (français-anglais) quiprésente le travail des douze illustrateur·rices. Ce recueil d’une centaine de pages réunit les 12 univers graphiques des lauréat·es et des parrains et marraines, ainsi que la présentation du projet et de ses partenaires. C’est un outil de médiation lors des rendez-vous avec les éditeur·ices à Bologne.
Les recueils
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Edition 2025 : Rachid Baalla · Léa Babé · Emma Bertin· Marine Blandin· Camille Gonzalez · Andrea Espier · Anouk Constant , · Clara Hervé · Ariane Hugues · Léa Louis · Agathe Monnier · Pauline Robinson
Parrainé·es par Arnaud Nebbache, Csil, Maria Jalibert et Sandra Poirot Cherif
Edition 2024 : Virginie Bergeret , Jean-François Biguet, Louise De Contes, Julia Frechette, Marion Jamault, Laura Kientzler, Maud Langlois, Hajar Moradi, Marion Pédebernade, Céline Pibre, Carine Prache, Arnaud Tetelin
Parrainé·es par : Lucile Placin, Carole Chaix, Pauline Kalioujny et Bertrand Dubois
Édition 2023 : Adley, Danslecieltoutvabien, Krokui, Éléa Dos-Santos, Pauline ferrant, Mona Leu-leu, Aude Marie, Béatrice Menuel, Léo Rrighini-Fleur, Emilie Pigeard, Minna Yu et Anne Zeum.
Parrainé·es par Sandrine Bonini, Barrou, Amélie Graux et Marc Boutavant
Édition 2022 :Gaby Bazin, Romain Bernar, Fanny Blanc,Tony Durand, Caroline Gamon, Célia Housset, Romane Lefebvre, Charlotte Lemaire, Sandrine Massuger, Amélie Patin, Romain Taszek et Tom Vaillant
Parrainé·es par Sandrine Bonini, Roland Garrigue, Stéphane Kiehl etJulia Wauters
Édition 2020 : Mélodie Baschet, Alice Bossut, Rozenn Brécard, Anne-Perrine Couët, Mickaël Jourdan, Johan Leynaud, Valérie Michel, Marie Mirgaine, Amandine Momenceau, Brice Postma, Éloïse Rey, Thimothée Le Véel
Parrainé·es par : Sandrine Bonini, Roland Garrigue, Julia Wauters et Stéphane Khiel
Édition 2019 : Laurie Agusti, Juliette Barbanègre, Léa Djeziri, Magali Dulain, Anne-Hélène Dubray, Emilie Gleason, Emmanuelle Halgand, Chloé Malard, Mathieu Siam, Soyung Lee, Laure Van der Haeghen, Suzy Vergez.
Parrainé·es par : Sandrine Bonini, Géraldine Alibeu et Thomas Baas.
Édition 2018 : Mai-Li Bernard, Jean-Baptiste Bourgois, Claire Brun, Aline Deguen, Maxime Derouen, Alice Dufay, Carl Johanson Linden, Fleur Oury, Hubert Poirot-Bourdain, Claire Schvartz, Adèle Verlinden, Julia Woignier.
Parrainé·es par : Géraldine Alibeu, Betty Bone, Gaëtan Dorémus et Martine Perrin.
Édition 2013 : Emmanuelle Bastien, Louise Duneton, Jérémie Fischer, Marie-Noëlle Horvath, Pauline Kalioujny, Noëlla Kim, Thomas Perino, Marine Rivoal, Sophie Roze, Laureen Topalian, Eva Vincze, Elis Wilk.
Parrainé·se par : Anaïs Massini, Géraldine Alibeu, Arno Célerier et Gaëtan Dorémus.
Édition 2014 : Annabelle Buxton, Chloé du Colombier, Clotilde Delacroix, Antoine Doré, Chloé Francisco, Camille Louzon, Ingrid Sissung, Elena Del Vento, Gala Vanson.
Parrainé·es par : Julia Chausson, Géraldine Alibeu, Jean-François Martin et Gilles Bachelet.
Édition 2015 : Christophe Bataillon, Lucia Calfapietra, Julie Colombet, Nathalie Desforges, Malik Deshors, Loïc Froissart, Carine Hinderchiette, Roberto Iacono, Minji Lee-Diebold, Franck Omer, Eloïse Scherrer.
Parrainé·es par : Géraldine Alibeu, Olivier Charpentier, Amélie Jackowski, Joëlle Jolivet et Marie Quentrec.
Édition 2016 : Cédric Abt, Céline Azorin, Marion Barraud, Iris de Véricourt, Rodolphe Duprey, Karine Maincent, Marie Mignot, Marie Novion, Margaux Othats, Lauranne Quentric, Hélène Riff, Sophie Vissière.
Parrainé·es par : Benjamin Chaud, Géraldine Alibeu, Hélène Georges et Mayana Itoïz.
Édition 2017 : Julien Billaudeau, Julie Brouant, Mathieu Chiara, Charline Collette, Bastien Contraire, Julie Escoriza, Amélie Fontaine, Clémence Itssaga, Alice Meteignier, Marina Sauty, Lucy Watts.
Parrainé·es par : Delphine Perret, Régis Lejonc, Chamo et Géraldine Alibeu.

Les régions partenaires
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Le projet bénéficie du soutien financier de la région Nouvelle-Aquitaine, via l’Alca, de la région Normandie, avec Normandie Livre & Lecture, de la région Hauts-de-France, avec l’AR2L Hauts-de-France, de la région Grand Est et son service Livre, de la région Pays-de-la-Loire avec Mobilis et enfin de la région Occitanie, via Occitanie Livre & Lecture.
Partenaires institutionnels
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Ce projet est cofinancé par l’Union européenne, par le ministère de la Culture, la Sofia, le CFC et la Copie.
« Financé par l’Union européenne. Les vues et opinions exprimées n’engagent que leur(s) auteur(s) et ne reflètent pas nécessairement celles de l’Union européenne ou de l’Agence Erasmus+ France / Education Formation. Ni l’Union européenne ni l’autorité chargée de l’octroi ne peuvent en être tenues pour responsables. »
Version anglaise
Funded by the European Union. Views and opinions expressed are however those of the author(s) only and do not necessarily reflect those of the European Union or Agence Erasmus+ France / Education Formation. Neither the European Union nor the granting authority can be held responsible for them.
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Interview : Bologne : comment la sauce a monté
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Géraldine Alibeu et Sandrine Bonini sont toutes deux autrices-illustratrices. La première a imaginé et créé le Voyage à Bologne avec la Charte en 2012, la seconde a pris le relais en 2019. Interview croisée.
Comment avez-vous connu la foire du livre jeunesse de Bologne et quel est selon vous l’intérêt d’y aller ?
Géraldine Alibeu : J’ai entendu parler de cette foire pendant mes études aux Arts Déco de Strasbourg, via le concours d’illustration. J’ai d’abord fait un premier voyage solo. Y aller, c’est l’occasion de préparer un book et de rencontrer des éditeurs, ce qui est très intéressant quand on est jeune : ça fait travailler ! Et ça permet de percevoir le monde auquel on appartient, d’élargir ses horizons. C’est aussi hyper convival, les illustrateurs se sentent accueillis par la ville qui organise plein d’expos, de confs, de rencontres autour de l’illustration jeunesse. Un peu comme à Montreuil mais en gigantesque et avec des pros uniquement. Là-bas les éditeurs ne vendent pas de livres, mais des droits. Ils peuvent être à l’écoute, si on prend RV et qu’on leur mâche le travail.
Sandrine Bonini : Je n’avais jamais été à Bologne avant d’y aller avec la Charte. C’est Géraldine qui m’a expliqué le concept quand j’ai rejoint le CA. Le plus important là-bas, c’est qu’on apprend à connaître les acteurs du secteur. En France on a une production jeunesse unique, très riche. A Bologne, on a une super mise en perspective de ce qui existe ailleurs en UE et dans le monde. Par exemple, on découvre toute une tranche commerciale de livres-produits de consommation qui vient surtout des US. C’est assez vertigineux.
Comment est né le Voyage à Bologne avec la Charte ?
GA : Quand j’étais au CA, Catherine Sas de la Région Ile-de-France est venue nous proposer d’expérimenter quelque chose d’international. J’ai tout de suite pensé à Bologne. Quand le projet a été conçu en 2012, on l’a d’abord ouvert aux illustrateurs franciliens uniquement. On l’a ensuite ouvert aux autres régions, qui devaient participer aux financements via les centres régionaux du livre, en contrepartie d’un appel lancé à leurs auteurs. En parallèle, on a mis en place un système de parrainage avec quelques illustrateurs bien installés qui devaient organiser le voyage et guider les jeunes dans leur boulot.
Quels défis avez-vous relevés?
GA : Il y a eu un gros travail pour contacter plein d’éditeurs étrangers et français, les convaincre que c’était intéressant de rencontrer nos petits illustrateurs avec leurs books… C’était un peu lent au départ, mais d’année en année un réseau s’est constitué. Ensuite il a fallu organiser concrètement la formation et le voyage pour les 12 lauréats et les 8 parrains-marraines, avec hôtel, bus à réserver, etc. Le fait que les Régions participantes aient droit à un lauréat chacune a parfois questionné. Fallait-il venir d’une certaine région ou juste avoir un bon book pour être sélectionné ?
SB : Après avoir été marraine, j’ai repris la supervision du projet en 2019 à la suite de Géraldine. Il avait pris tellement d’ampleur qu’il est devenu trop lourd pour une bénévole, il a fallu salarier une freelance, Emmanuelle, pour gérer toute la partie logisitique, les contacts avec les candidats, les relations avec les éditeurs. Puis il a fallu monter et pérenniser les financements et partenariats. C’est un projet bien visible, plein d’écoles et d’autres organisations nous demandent comment on fait. Et les éditeurs sont tout miel, vu qu’on leur permet de rencontrer de nouveaux auteurs ! Mais l’idée c’est de défendre aussi nos droits, sinon ce serait juste un concours.
Que deviennent les personnes sélectionnées ?
SB : Il y a un appel à candidatures relayé par les agences régionales du livre et d’autres institutions. L’illustrateur envoie un book, ses livres jeunesse publiés à compte d’éditeur. Il ne doit pas avoir publié trop d’ouvrages. Le jury, composé des parrains marraines, de représentants des agences régionales et de la Charte et de la conservatrice de la médiathèque Françoise Sagan, choisit 12 candidats selon la qualité du travail, le parcours et la motivation. Dans l’idéal il en faut à peu près un par région. Les lauréats ont une formation de 3 jours pour se préparer à rencontrer des directeurs artistiques et éditeurs, et une formation juridique. Ils ont 2 mois pour peaufiner leur book, pour qu’il soit le plus pro possible. La Charte envoie un catalogue des candidats à plein d’éditeurs en demandant des entretiens de 10 minutes. A Bologne, le but est de trouver de bons contacts à l’aide des parrains marraines.
GA : On nous a un peu regardés d’un drôle d’air au départ, mais les gens se sont aperçus que la Charte faisait un travail de défrichage pour dénicher de jeunes talents. En plus, Bologne est une sorte de terrain neutre, les éditeurs ont de tout petits bureaux, les auteurs s’y sentent mieux. Certains ont pu faire naître des projets.
On parle de plus en plus de surproduction dans l’édition, avec une précarité accrue. Qu’en pensez-vous ?
GA : Je pense que les éditeurs ont une grande responsabilité, surtout les gros groupes. Car tous les éditeurs ne sont pas dans la surproduction : ceux avec qui je travaille font 10 à 12 livres par an et moi, je n’en fais qu’un. Mon travail se modifie, se diversifie d’année en année avec des ateliers dans les écoles, lectures dessinées, rencontres… En tout cas sur le terrain, ce que je fais avec les bibliothécaires et libraires, c’est diffuser une certaine idée du livre loin de la surproduction, à ma petite échelle. Le livre-produit, je trouve ça triste et je ne me sens pas armée contre ça.
SB : Un vrai problème est que les auteurs soient amenés à accepter beaucoup de choses pour l’aspect financier uniquement. Le fait qu’on ne soit pas assez rémunéré est central. Ca nous fragilise. C’est un peu l’oeuf ou la poule, mais je crois que ce n’est pas à nous seuls auteurs de nous priver de projets pour tenter d’enrayer la surproduction. Ceux qui tirent les ficelles de cette industrie ont sûrement plus de marge de manoeuvre.
Diana Semaska



