La Charte apporte son soutien à Joann Sfar

En ces temps difficiles, les auteurs et autrices de littérature jeunesse ne cessent de nous remonter les dysfonctionnements auxquels ils et elles font face dans les dispositifs mis en place pour elles et eux dans la crise. Depuis le mois de mars, notre association a alerté sur les choix actuels du gouvernement et déplore que ne soient mis en place des mesures visant à soutenir massivement et simplement l’ensemble des artistes-auteur·rices, à la hauteur du séisme qui est vécu.

La remise du rapport Racine a mis au jour l’illégalité de nombreuses pratiques dans notre écosystème, comme certains contrats d’édition, la non-conformité des redditions de comptes, les non recours sociaux, ou encore le fait que l’Agessa n’a pas recouvré les cotisations retraites de 190 000 personnes.

Les auteurs et autrices auraient besoin d’une défense juridique offensive pour leurs droits, mais peu d’organisations professionnelles en ont les moyens financiers. Comment la Société des Gens de Lettres, aujourd’hui l’association la plus dotée financièrement de notre secteur, peut-elle faire le choix d’attaquer en justice un auteur, président d’honneur d’une autre organisation professionnelle, quand il y aurait tant de procès à faire pour défendre notre profession ?

Nous apportons notre soutien à Joann Sfar. Nous savons par notre propre expérience à la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse que la liberté de ton, l’audace, la créativité, pour la défense de nos droits, peut pousser certains groupes d’intérêt à exercer des pressions sur des auteur·rices bénévoles, qui demeureront ainsi exposé·es tant qu’un statut syndical ne protègera pas cette profession à l’instar de toutes les autres.

La Charte des auteurs et illustrateurs, existant depuis 45 ans, affiche donc pleinement sa solidarité à l’un de ses pairs. La représentativité professionnelle est en crise, les bénévoles des organisations professionnelles s’épuisent, et c’est à l’État de nous apporter les conditions d’un dialogue social serein, réglementé, selon le code du travail.

Ces évènements récents nécessitent de remettre urgemment le rapport Racine sous les feux des projecteurs. Notre association fera donc son possible, avec les organisations professionnelles partenaires, pour qu’il soit mis en application et qu’un véritable statut soit construit pour l’ensemble des artistes-auteur·rices.

 

Le 29 mai 2020

 

 

< Retour à Nos actus