Au sujet des Arts Déco de Strasbourg

Nous relayons le débat au sujet de l’ESAD…

"Qui veut la peau de l'illustration ? »

Des étudiants et enseignants de l'école des Arts Décos de Strasbourg s'inquiètent de la mise en danger de l'option 'communication' par leur directeur. Nombre d'entre nous, illustrateurs jeunesse, avons connu  cet atelier. Nous leur ouvrons cette tribune. Pour les soutenir, signez leur pétition.

bandeau Photos : Tony Trichanh (le jeu de la chaise musicale... référence au nouveau programme du directeur)

Communiqué :

L'option Communication de l'ESAD de Strasbourg (plus connue sous le nom d'Arts Décos de Strasbourg) a formé des générations de graphistes, d'illustrateurs, d'auteurs qui pour une bonne part travaillent dans l'Édition. L'option est composée de trois ateliers : Didactique Visuelle, Graphisme et Illustration. Ce dernier atelier est le plus ancien, il a été fondé et piloté par Claude Lapointe pendant plus de 30 ans. La mutation de notre établissement en EPCC et le passage au système LMD sont souvent invoqués pour justifier la réduction envisagée des effectifs pédagogiques et étudiants de l’option Communication. Il s'agit d'une réduction drastique : plus de la moitié des étudiants et une majorité de professeurs chargés de cours sont concernés par un éventuel départ. C'est une décision inique d'autre part : la dite réduction, contestable en soi, pourrait être répartie harmonieusement sur toute l'école, mais non ! C'est l'option Communication qui doit en supporter les frais (voir tableau ici).
On peut imaginer la fragilité d'une option réduite à la portion congrue, et sa disparition à moyen terme… Pourtant aucune consigne "d'en haut" concernant les effectifs n'est parvenue au directeur Otto Teichert. Il s'agit d'une "déforme" menée au pas de charge : dès la rentrée prochaine…
Pourtant l'option Communication est un atout majeur pour cette école, sa spécificité même, qui pourrait être un atout de poids dans la compétition entre écoles d'art bien engagée au niveau européen… Pourtant l'option a formé et forme encore des auteurs jeunesse et auteurs adulte majeurs, de l'album, en passant par le dessin de presse ou la bande dessinée, elle a acquis une dimension internationale. Pourtant depuis peu Strasbourg s'est doté d'un centre de ressources en Illustration, du musée Tomi Ungerer, vient d'éditer une revue européenne de l'illustration (L'album factice), Blutch, ancien élève des Arts Décos est dans quelques jours président du festival d'Angoulême, les étudiants y sont régulièrement distingués dans le concours Jeune Talent, l'exposition des 25 ans du salon du livre de Montreuil présentait 25 auteurs en novembre dernier, dont 9 issus des arts décos, le prix du premier album est revenu à une étudiante de l'ESAD… N'en jetons plus !

Alors… Cela nous laisse imaginer que ces attaques ne peuvent qu'être "idéologiques" à défaut d'être rationnelles et raisonnables… La Communication n'aurait rien à faire dans une école d'Art dont elle ne serait pas digne ? Allons donc…

Une pétition adressée aux autorités de tutelle de l'ESAD demande à ce qu'elle agisse auprès de la direction.
Vous pouvez la signer ici : http://6084.lapetition.be/
Les étudiants actuels de l'école tiennent un blog que vous pouvez consulter ici : http://jaimemonesad.blogspot.com/

Des étudiants et des enseignants de l'option Communication de l'ESAD

coccinnelle
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Lettre ouverte de Claude Lapointe

À monsieur Otto Teichert,
Directeur de l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg,

le 1er février 2010


Monsieur le Directeur,

Je viens de recevoir, via les Etats Unis, transmise par Etienne Délessert, auteur-illustrateur de grand renom, une information alarmante sur l’avenir de l’atelier d’illustration de Strasbourg, que j’ai créé et qui aujourd’hui, sous la conduite de Guillaume Dégé, grâce à son rayonnement, continue d’attirer les meilleurs jeunes scénaristes, auteurs, illustrateurs.
Il paraît évident que toute l’option Communication est étouffée par votre projet qui l’exclut de ses perspectives. Cette option, en plus de l’illustration, propose la Communication graphique, la Didactique Visuelle, atelier unique en Europe, une autre spécificité rare et indiscutable de l‘École de Strasbourg.

En 2005, quand j’ai quitté l’école, l’atelier d’illustration réunissait entre 70 et 80 étudiants, venus de tous les coins de l’hexagone et de l’étranger. Je ne l’ai jamais vécu comme un surnombre. Les échanges, en plus de la formation adaptée à cette taille, étaient d’une richesse exceptionnelle.Réduire considérablement le nombre des étudiants devient de l’élitisme.
Du gâchis pour les centaines qui n’entreront pas.
Ce n’est pas en réduisant le nombre des étudiants qu’on se rapproche d’une formation universitaire ! On s’en éloignerait plutôt à grands pas.
Cette spécificité de l’illustration à Strasbourg, qui en réalité n’est pas une singularité, mais un art plus fort et contemporain que jamais, puisant dans la littérature, le théâtre, le cinéma, le dessin animé, les arts plastiques, ne peut pas disparaître de la Ville qui est citée, reconnue à travers cet art à part entière.

Une singularité est toujours une qualité d’école. Surtout celle d’une école d’art.
Elle peut se maintenir quelques soient les structures, à condition qu’il y ait l’intention de la garder.


Ignorez-vous à ce point que des centaines de jeunes en France, en Europe préparent en ce moment en illustration, en didactique, leur cursus d’études, leur chemin de vie, avec Strasbourg comme aboutissement ?
Je suis consulté régulièrement par des postulants convaincus et enthousiastes.
Je viens d’en rencontrer une demi-douzaine, cette semaine.

Est-ce possible que dorénavant, je sois obligé de leur dire :
« L’illustration à Strasbourg, c’est terminé!
par la volonté d’un seul homme: Otto Teichert ! » ?

Voulez-vous porter cette responsabilité ?

En espérant vous voir réfléchir à cette situation insensée.
Avec mes salutations

Claude Lapointe
Auteur, illustrateur, enseignant,
entre autre Chevalier des Arts et des Lettres
pour, en partie, avoir créé l’Atelier d’Illustration

Communiqué de presse de l’ESAD


Strasbourg, le 4 février 2010

L’ESADS oppose un démenti à certaines informations publiées récemment dans la presse écrite et audiovisuelle

Par la voix de son directeur, Otto TEICHERT, l’École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg (ESADS), réfute les informations relayées depuis janvier dernier faisant état d’un nouveau projet d’établissement, initié par la direction de l’école, qui fragiliserait la filière « communication ».

« L’ESADS est composée de quatre options : Art, Communication, Design et Objet. Cette ouverture permet aux étudiants de bénéficier d’une formation supérieure diplômante dans le domaine des arts plastiques », rappelle Otto TEICHERT, avant de poursuivre :

« Par la découverte, la connaissance puis l’approfondissement des processus de création – tant historiques que contemporains – et en s’intéressant aux interconnexions avec d’autres disciplines, les étudiants sont en mesure d’en apprécier les enjeux et la complexité.

« La pédagogie à l’œuvre dans l’établissement favorise tout autant l’engagement dans l’option choisie que les expériences transversales et les partenariats extérieurs.
La diversité des enseignements dispensés et l’attention portée aux projets et désirs exprimés par les étudiants fondent la vitalité de l’ESADS. Ceux-ci sont ainsi capables de se confronter à une multiplicité de pratiques artistiques et expressions d’auteurs, alliant les exigences du professionnalisme, les dimensions de la recherche et celle de l’utopie.

« Cet attachement de l’école à une pédagogie et à des cheminements pluriels mérite d’être rappelé, au moment où des interprétations erronées, sectorielles et réductrices ont été portées sur la place publique.

« Cette polémique nuit à la qualité des débats internes et à la mise au point de notre projet d’établissement – en concertation étroite avec celui du Quai, Ecole supérieure d’art de Mulhouse – dont les évaluations respectives par l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES) doivent intervenir cet été.

« La reconnaissance du grade de master pour les diplômes nationaux supérieurs d’expression plastique (DNSEP), préparés par l’Ecole supérieure des arts décoratifs de Strasbourg, est un enjeu qui mérite les contributions et l’énergie de tous », conclut le directeur de l’ESADS.

Réponse de Otto Teichert, directeur de l'ESAD


Strasbourg, le 10 février 2010

Des affirmations erronées concernant l’option Communication de l’ESADS – École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg ont été diffusées depuis mi-janvier, selon lesquelles cette option serait menacée dans les mois qui viennent. Un nouveau projet d’établissement serait en préparation, qui remettrait en cause les formations existantes et la diversité des enseignements dispensés jusqu'à présent.
En tant que directeur de l’ESADS, je récuse ces rumeurs infondées et toutes interprétations auxquelles elles ont donné lieu. Je m’étonne que le débat en cours sur le projet d’école, mené avec les collèges enseignants des quatre options de l’ESADS, soit porté sur la place publique et de cette façon.
Une étude est en cours pour les prochaines années, sur la base d’une maquette pédagogique revisitée, précisément pour garantir la pérennité et la résonance des filières actuelles au sein d’un établissement, en charge avec celui de Mulhouse, d’une offre d’enseignement artistique plurielle, complémentaire et de haut niveau dans le Rhin supérieur.
S’agissant de l’intérêt que je porte aux enjeux spécifiques à la communication et au design, notamment au graphisme et aux pratiques du dessin et de l’illustration, je m’étonne qu’il puisse être permis d’en douter si l’on se réfère à mon parcours, aux commissariats d’exposition et à la diversité des éditions que j’ai été amené à concevoir, soutenir et promouvoir : la dernière en date (octobre 2009) étant l’ouvrage consacré à l’artiste néerlandais Paul van der Eerden, réalisée en partenariat avec les éditions Buchet et Chastel. J’y ai invité, un des illustrateurs-enseignants de l’ESADS, avec l’accord du directeur artistique des Cahiers dessinés, à en rédiger la préface.
Otto Teichert

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