Quatre ans de vie de la Charte en Rhône-Alpes ou comment les Rhône-Alpins sont devenus des chartistes militants

Comment nous nous sommes rencontrés

C’est Jack Chaboud qui a eu l’idée de la première Zagapalyon et nous a présentés les uns aux autres.
Zagapalyon : De « Zagape », clin d’œil à « Zagapathème » inventé par Michèle Bayar, et « Lyon », comme ville de Lyon.
Le 25 octobre 2001, dans un petit bouchon, une dizaine d’auteurs et illustrateurs font connaissance autour d’une bonne table. Les convives sympathisent. On échange nos adresses et on se dit que, la prochaine fois, on en parlera aux copains.
Comment nous nous sommes retrouvés régulièrement
Deux mois plus tard, nous sommes une vingtaine dans un petit restaurant hongrois. C’est bon, c’est chaleureux, mais le chef fait flamber l’addition avec le prix des vins :
Very expensive ! fait-il avec humour.
Nous repartons contents de notre rencontre et jurons qu’on ne nous prendra plus à déguster le sel de la note.
Nous voilà à la recherche d’un restaurant accueillant, livrant bonne chère, mais pas cher. Celui que nous trouvons aime la littérature de jeunesse autant que nous la bonne cuisine, et nous concocte un petit prix « Charte », très abordable. Il devient l’antre des Zagapalyons, et nous nous y retrouvons tous les deux mois.
Comment nous avons vécu une longue vie de chartistes-sybarites
Pendant deux ans (octobre 2001 à septembre 2002), nous sommes entre 20 et 35 illustrateurs et 3 à 6 auteurs à nous retrouver tous les deux mois.
Deux ans, ça tisse des sympathies, des liens, des affections. Des amitiés, des livres, des ateliers sont nés de ces rencontres, mais pas encore des bébés !
Au bout de ces deux ans de douce vie de chartistes en Rhône-Alpes a émergé la volonté de nous structurer et de tourner notre énergie vers l’extérieur.
Un peu lent ces Rhône-Alpins vont penser les rapides. Oui, mais bon, à chacun son histoire. Chez nous, c’est d’abord le plaisir d’être ensemble. Notre devise est « pourvu que ça dure ! »

Comment nous avons eu l’idée de nous mettre au travail

Dans les salons de la région les gens nous disaient :
— Ah ! Vous habitez la région ?
— Oh la, la, je suis enseignant(e), si j’avais su que vous étiez là et que vous animiez des ateliers !
— Mais c’est quoi « Chartiste » ?
Une fois, deux fois… La énième fois, on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose, là, ici, sur notre terrain pour promouvoir la littérature de jeunesse, promouvoir la « Charte » et les chartistes.

Comment nous nous sommes mis sérieusement au travail

Très vite nous avons été d’accord sur la forme. Pas de nouvelle entité juridique. Nous étions chartistes et nous avions la volonté de faire vivre la Charte dans notre région.
La première année (2003-2004), nous avons fonctionné de manière assez informelle, abordant les sujets lorsqu’ils se présentaient et les traitant « au feeling ».
La seconde année (2004-2005), les statuts de la Charte ne prévoyant rien pour les groupes régionaux, nous avons donc « inventé » une structure provisoire à notre groupe afin de fonctionner le plus harmonieusement possible.

Ce que nous avons réalisé pendant ces deux années de travail

— Nous nous sommes mis en route pour rencontrer les inspections départementales de l’Education Nationale (11 sur 35 visitées à ce jour) afin de dire que les auteurs et illustrateurs étaient vivants et qu’il leur arrivait de venir dans les classes. Information toute bête en apparence, mais une Inspection sur cinq ignorait l’existence de la Charte.
Nous souhaitons continuer ce travail de fourmi avec les autres inspections, mais aussi avec les bibliothèques, médiathèques, librairies, etc.de la région.
— Depuis deux ans, nous représentons la Charte à la Fête du Livre de Villeurbanne, au salon de St Priest, et lors des forums des associations de la ville de Lyon.
Nous aimerions pouvoir assurer la fête du livre de Saint-Paul Trois Châteaux.
— En juin 2005, nous avons organisé une journée d’information et de réflexion sur nos métiers à la Villa Gillet à Lyon. Une soixantaine de personnes parmi lesquelles des auteurs, des illustrateurs, des éditeurs, des libraires, des bibliothécaires ont échangé autour de ce qui fait leur métier (préoccupations et joies).
C’est une expérience que nous essaierons de renouveler une fois par an.
Grâce aux multiples rencontres faites pendant ces deux années, nous sommes devenus interlocuteurs à part entière des différents partenaires de nos métiers.

États des lieux après deux ans d’expériences

Notre groupe régional se réunit tous les deux mois en réunion plénière. C’est là que toutes les décisions sont prises. C’est l’actualité qui décide de l’ordre du jour.
Deux co-responsables ont été désignés par le groupe en septembre 2004. Ils assument la trésorerie (quasi inexistante pour l’instant), le secrétariat, le suivi des dossiers. Ils assurent le lien avec le CA et représentent la Charte en Rhône-Alpes.
S’il y avait un mot pour définir le groupe régional, ce serait « proximité » :
— Faire se rencontrer les Chartistes d’une même région
— Faire circuler l’information de Paris à la région, et de la région à Paris
— Permettre une meilleure diffusion du travail des Chartistes en tissant des réseaux sur le terrain

• À titre de pièce versée au débat sur la Régionalisation : ce qui demanderait un changement de statut ou de fonctionnement de La Charte :
— Représentation régionale en CA
— Le Conseil d’administration de la Charte pourrait s’élargir et créer un certain nombre de postes où siégeraient d’office le ou les co-responsables régionaux. Membres « d’office », ils ne seraient donc pas élus comme les autres par l’assemblée générale, mais par chaque région.
— Les membres du groupe régional éliraient chaque année un co-responsable.
— Chaque co-responsable serait élu pour deux ans.
— Les « postes régionaux » où siégeraient les élus émanant des régions ne doivent pas empêcher les membres de la Charte qui habitent dans les régions de prétendre à une élection normale au CA lors de l’assemblée générale, dans le cadre du renouvellement normal du CA.
— Trésorerie
Afin de faciliter la vie en région, il nous semble évident que nous devrons trouver des solutions simples pour qu’une trésorerie régionale puisse se mettre en place.

Il ne nous reste plus qu’à inventer tout cela ensemble.
Chic, l’AG est pour bientôt !

Françoise Jay et Frédérick Mansot
Co-responsables du groupe de la Charte Rhône-Alpes

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